Drones agricoles: La fin d’un monopole?

A l’heure où la technologie des drones se démocratise dans nos campagnes, notamment pour la fertilisation azotée du colza et du blé tendre, nous nous sommes intéressé à la filière de vente des appareils et du conseil en France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce que nous avons découvert est intriguant.

En effet, en réflexion depuis au moins deux ans quant à l’opportunité d’acheter un drone pour proposer ce service à nos clients, nous avons commencé nos recherches en appelant le principal fournisseur d’ailes volantes en France. Le matériel fourni est de bonne facture, et est produit et développé par une grosse société. Rapidement recontacté par un commercial, il nous est proposé d’acquérir l’aile volante avec un capteur spécifique pour l’agriculture (environ 20 000€), et de devenir simple opérateur. Après avoir acquis l’appareil, nous ferions voler l’aile chez nos clients, et leur enverrions les images acquises pour qu’ils nous fournissent en retour le conseil de fertilisation.

Le conseil de fertilisation prend la forme d’une carte papier, qui représente la variabilité du développement des cultures au sein d’une parcelle: Cartes de Biomasse pour le colza, et cartes d’azote absorbé pour le blé. A l’issue de ce conseil, l’exploitant peut aller mettre la dose moyenne conseillée sur sa parcelle, mais ne peut pas encore appliquer un épandage modulé automatiquement. Pour obtenir les fichiers informatiques permettant la modulation, il faut commander une option supplémentaire.

Partant de ces constats, nous avons commencé à rechercher plus loin pour trouver d’autres fournisseurs d’ailes volante, ou de conseil de fertilisation. Le résultats de nos recherches a porté ses fruits: aucun autre drone avec un capteur adapté n’est pour le moment commercialisée en France . Nous avons donc à faire à une forme de monopole permettant la vente d’ailes volantes à des prix qui nous paraissent bien élevés… Sans compter le prix  des pièces de rechanges en cas de casse à l’atterrissage. D’après l’enquête que nous avons faite, la facture est salée si vous avez besoin de pièces détachées…

Mais ce monopole est terminé. Nous avons trouvé une société Grenobloise qui développe actuellement son aile volante avec un capteur récemment arrivé sur le marché et tout aussi performant. Cette société annonce un pris divisé par 5 par rapport au prix du marché actuel et ce dès cet hiver!

Ainsi, dans un avenir proche, le monde des drones en agricultures sera bouleversé. Fini l’aile à un prix exorbitant, fini les pièces détachées qui coûtent un bras, et bonjour l’ouverture à la concurrence. Il deviendra même possible pour un agriculteur ou un groupement d’agriculteurs d’acquérir son propre drone et ainsi demaîtriser le moment auquel les images seront prises.

En parallèle, il vous suffira d’acquérir un logiciel de photogrammétrie ou de passer par un agronome indépendant qui traitera vos images et vous fournira des cartes SD ou  des clés USB pour moduler vos apports… Et pas en option!

Une prestation « clé en main » à coût raisonnable, avec un agronome qui s’occupe de vous.

Notre vision de l’agriculture de précision, c’est que la modulation automatique des engrais par vos matériels est la seule finalité valable du passage d’un drone. C’est aussi que le conseil soit fait par un agronome qui maîtrise l’informatique: ce n’est pas l’informatique qui maîtrise l’agronomie…

La modulation automatique des apports n’est pas une option quand on utilise un drone, c’est une finalité agronomique et technique. Le drone doit passer au bon moment: seul l’agriculteur peut maîtriser parfaitement ce paramètre. L’agronome doit maîtriser l’informatique pour être capable de s’adapter en temps réel, année par année: l’informatique seul ne vaut pas grand chose s’il ne s’adapte pas aux conditions annuelles…

Drones agricoles: La fin d’un monopole?

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